L’esclave

 

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L’esclave

 

Pour les vacances, Charlotte, mon amie, m’invita à Londres pour y séjourner deux semaines, dans un château qu’elle avait loué. Quand nous arrivâmes dans la capitale anglaise, il pleuvait légèrement. Nous nous aperçûmes rapidement qu’une pluie sauvage s’abattait, accompagnée d’un énorme nuage sombre qui recouvrait le château. Nous étions fatiguées donc cela ne nous parut pas étrange, nous entrâmes dans la demeure épuisées et trempées jusqu’aux os. Nous rangeâmes nos affaires et prîmes  notre diner. Quelques heures plus tard, nous allâmes dans nos chambres pour nous coucher. Malgré la fatigue, je ne parvenais pas à fermer l’œil.

Soudainement, j’entendis le parquet grincer, je sentis les meubles trembler ainsi que mon lit. Je me redressai et vis une lueur transparente et lumineuse sortir du sol avec une apparence étrangement humaine, une couleur pâle pour la peau qui laissait apparaitre ses os. Des cheveux courts, emmêlés et sales et des vêtements à moitié déchirés. On pouvait apercevoir ses côtes. L’ensemble laissait deviner son apparence d’avant. Son visage exprimait la haine, le chagrin et la souffrance… Ma respiration se coupa, l’angoisse gagnait petit à petit mon corps qui tremblait déjà de frayeur à la vue de cette apparition. Etait-ce un rêve ? Je ne le savais pas…

Mais cette apparition se rapprochait dangereusement de moi en me dévisageant. Elle s’arrêta nette, il me sembla que c’était un homme. Il entama alors la conversation : «  Je me prénomme Marrick, j’avais à peine dix-huit ans, quand on m’a envoyé à la construction de ce château… ». A peine avait-il parlé que je sentis un frisson me parcourir la colonne vertébrale, les poils de mes bras se redressèrent, mes cheveux se hérissèrent, je sentis mon cœur palpiter, j’étais oppressée, ma respiration se saccadait de plus en plus. Sa voix paraissait pleine de sanglots et de souffrance, je ne pus prononcer un mot comme si quelque chose m’en empêchait. Il continua son récit : « J’étais esclave d’une personne haut placée. Malgré ma jeunesse, elle n’avait aucune pitié pour moi. Je vis mes compagnons mourir les uns après les autres, de faim, de soif, de graves blessures et de maladies. Personne ne prit la peine de les enterrer, on les laissait pourrir à quelques mètres du château. Au fur et à mesure que le temps passait, la faim tenaillait de plus en plus mon ventre, et la soif asséchait ma gorge. »

Plus les minutes passèrent, plus je sentis une douleur atroce qui ne cessait de s’intensifier, me broyant l’estomac. Au bout de quelques minutes, ma gorge me parut aussi sèche que le désert du Sahara. Au bout d’une heure, à peu près, la douleur cessa brutalement. L’homme, toujours en face de moi, repris son récit, je l’écoutais avec attention : «  Après ces années de souffrance ; personne, même au XXIème siècle et en sachant ce qu’il s’est passé, ne se soucie de nous. Les gens préfèrent utiliser ce château comme une simple demeure historique. Maintenant, pour montrer la colère que j’éprouve, je vais le détruire !!! » A ces mots, je me précipitai vers la porte de ma chambre afin de prévenir Charlotte. Mais déjà, je sentis des tremblements, je vis des pierres tomber et des meubles se briser. Les lustres de ma chambre se balançaient de gauche à droite. Je sentais que le sol commençait à trembler, à craquer et à s’écrouler planche par planche, sous mes pieds. Je tombai, me cognant la tète sur la poignée de la porte. Puis plus rien… je perdis connaissance.

Je me réveillai sur un lit d’hôpital que je reconnus à ses draps blancs et à ce médecin qui me fixait avec empathie. Il commença à parler : «  Bonjour, comment vous sentez-vous ? » Je mentis en répondant que j’allais bien ne pouvant avouer mon mal. Il m’aurait sûrement questionnée et je ne voulais pas qu’il me prenne pour une folle  Il m’annonça alors une terrible nouvelle : « Mademoiselle Aline, J’ai le regret de vous annoncer que votre amie, Charlotte, a été retrouvée morte peu après nous avoir contactés pour vous. Elle se demandait ce que vous faisiez… » Je sentis les larmes coulaient à flot sur mes joues. Des sanglots se mêlaient à ma voix tremblante.  Charlotte n’avait pourtant aucune maladie, elle était en bonne santé. Je ne pus m’empêcher de demander si le château s’était écroulé. Le médecin stupéfait répondit : « Non pourquoi ? ».

Elèves de 4ème

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 09/04/2016

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