La cornemuse

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CHAPITRE 1

 

J’étais invité chez un ancien camarade de l’université d’Oxford, dans son petit cottage, au fin fond des terres écossaises. Habitant, pour ma profession aux Etats-Unis, je dus me rendre à l’aéroport pour m’envoler à destination de la lointaine Ecosse.

A ma sortie de l’aéroport, je fus contraint de me rendre en bus à destination du village où résidait mon ancien collègue. A la sortie du bus, il me restait quelques kilomètres à parcourir à pied, alors que de violentes bourrasques de neige frappaient les falaises écossaises. Je commençai à ressentir de l’appréhension. Mes pas se faisaient de plus en plus lourds dans la neige poudreuse, alors que le blizzard redoublait d’intensité. Je dus me rendre à l’évidence, car rester dans la tempête relevait de la folie ; je devais à tout prix passer la nuit dans un abri en espérant qu’il s’agisse du cottage de mon ami.

Ma visibilité était très réduite, malgré cela j’aperçus au loin une vieille masure délabrée qui paraissait être celle que mon ami m’avait décrite. Sans hésitation, je me réfugiai dans cette vieille demeure. J’étais éreinté par ma longue marche dans le blizzard, mais j’étais tout de même enthousiasmé par ma trouvaille.

 

CHAPITRE 2

 

J’entrai donc dans le vieux cottage. Mais je dus me rendre à l’évidence, ce n’était pas celui de mon collègue, celui-ci était déserté. Ne voulant pas tenter l’impossible en défiant la tempête qui sévissait dehors alors que la nuit commençait déjà à tomber, je me résignai à passer la nuit dans cet endroit sinistre.

Ce dernier étant abandonné, il était dépourvu d’électricité et d’eau courante, je dus donc inspecter les lieux où je m’étais échoué, muni d’une bougie. Je trouvai ce qui ressemblait à une chambre avec un vieux lit et sur les murs étaient accrochés de nombreux instruments celtiques tels que la cornemuse, le biniou ou le bodhran. Sur les autres pans de mur on pouvait voir des meubles antiques empoussiérés par le temps.

Je fus dans l’obligation de me mettre en tenue pour la nuit. Je me couchai dans le vieux lit en respirant l’odeur quelque peu écœurante du moisi ; la literie craqua sous mon poids ce qui me fit sursauter. Alors que je commençais à m’assoupir, j’entendis un bruit sourd derrière moi. Il s’agissait de la vieille cornemuse qui était tombée à terre. Je me levai afin de la remettre à sa place et je me recouchai Je me retournai dans mon lit afin de vider de ma tête toutes les idées macabres qui commençaient à m’inquiéter.

Alors que je me rassurais peu à peu, un nouveau bruit résonna, cette fois plus fort que le précédant. Il s’agissait désormais de tous les instruments présents dans la pièce, qui s’étaient échoués sur le sol. J’osai à peine regarder à cause de la peur qit à m’envahir. Malgré cette angoisse croissante, je me levai afin de remettre les instruments à leur place pour la seconde fois. Mais, dès lors que mes deux pieds touui commençachèrent le sol, les instruments volèrent comme par enchantement et se remirent à leur place d’origine. Pris de panique, je voulus prendre mes jambes à mon cou et m’enfuir de cet endroit maudit alors que la tempête de neige était moins virulente.

Je déposai ma main sur la poignet de la porte, cette dernière refusa de bouger, elle était verrouillée par je ne sais quel sortilège. Malgré les frissons qui parcouraient tout mon corps, je parvins à me recoucher sur le lit, sans toutefois réussir à m’endormir. Alors que je perdais toute notion de temps, j’entendis une musique douce et mélodieuse qui résonnait à mes oreilles. J’osais à peine le croire, mais derrière moi, tous les instruments s’étaient mis à jouer. On pouvait distinguer très clairement le son si particulier de la cornemuse tandis que le bodhran couvrait avec merveille les faiblesses du biniou créant un trio musical des plus enjoués.

La porte se déverrouilla et se balança au rythme de la musique tel un métronome. Tandis que mon envie de sortir de cette chambre enchantée se faisait de plus en plus pressante, la musique m’intima l’ordre de rester comme si on m’avait jeté un sort.

Les tiroirs des meubles s’ouvraient et se fermaient laissant apparaître d’autres instruments qui rejoignaient l’orchestre devenu entre temps plus qu’impressionnant. La musique, cette fois assourdissante, m’entraînait de plus en plus, mon cœur battant au rythme de la musique. Bientôt, je commençais à faire des mouvements incontrôlés sur le lit.

 

CHAPITRE 3

 

La musique m’ensorcelait de plus en plus, quand tout à coup, un rayon de soleil inonda la pièce. La cornemuse, qui semblait être le chef d’orchestre de ce groupe, s’interrompit brusquement. Les autres membres de cette magnifique troupe firent de même. Je regardai tout autour de moi éberlué par cette fin brutale et sans fondement alors que je commençais vraiment à apprécier cette mélodie enchanteresse. Comme par magie, les instruments reprirent leur place initiale comme si cette troupe d’un soir n’avait jamais existé.

Quelque peu incrédule, je me recouchai sans toutefois parvenir à m’endormir. Je pensai à ce qui venait de se produire mais je ne trouvai aucune explication rationnelle à cela.

Quelques heures plus tard, je sortis de ce sinistre logis afin de voir si la tempête était terminée. Voyant que le temps s’était apaisé, je décidai de me mettre à la recherche du fameux cottage de mon ami, en repensant à ce qui venait de se produire. Malgré la neige qui était tombée en masse durant la nuit dernière, je trouvai enfin la petite masure de mon ex-camarade. Je lui racontai donc les faits extraordinaires qui venaient de m’arriver, alors que celui-ci peinait à me croire.

Quelques jours plus tard, je me rendis à l’aéroport pour retourner aux Etats-Unis, en songeant à ces évènements qui, je pense, resteront gravés à jamais dans ma mémoire.

Louis et Nicolas

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Date de dernière mise à jour : 07/04/2016

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