nouvelle fantastique

          Hier, j'ai vécu l'expérience qui décida le sort de ma vie. Moi et mon ami, Jules sommes partis pour un séjour en Angleterre avec notre classe, chacun des binômes avait un hôtel attribué. Le nôtre se trouvait à Haunted village, un petit village calme, loin des paysages urbains. Le jour de mon arrivée, il pleuvait des cordes et la terre était boueuse. Le bus nous déposa à l'hôtel en question, qui me semblait beaucoup moins coquet que dans la description faite par le professeur, mais je décidai de ne pas me fier aux apparences. Arrivés dans le hall, le silence régnait, et nous constations que l'intérieur ne différait pas de la façade. Nous nous rendîmes au comptoir et vîmes une jeune demoiselle nous regardant, perturbée. 

« Bonsoir, dit-elle.

- Bonsoir, nous sommes Nicolas Dupont et Jules Arrigo, venus pour le séjour linguistique, une chambre a été réservée ici à notre nom.

- Excusez-moi, mais l'hôtel est plein ce soir.

- Comment ça ? L'ensemble scolaire l'a réservée il y a un mois ! N'avez-vous pas au moins une petite chambre juste pour une seule nuit ? La suppliai-je.

Ayant pitié, elle répondit ; 

- Bon d'accord, je ne peux pas vous laisser dehors en ce temps. Au dernier étage se trouve un grenier assez espacé pour deux personnes, mais il y reste quelques vielles affaires de mes trois filles, reprend-elle assez monotone.

N'étant pas très satisfaits de la demande, nous nous en contentions quand même.

- Merci de nous épargner.

- Non, ne me remerciez pas.

Assez fatigués par le voyage, nous décidions de monter directement nous coucher sans dîner.  

          Nous montions dans le grenier, assez déprimant. Les "vieilles affaires" y étaient effectivement : trois poupées en porcelaine et des ours en peluche. Des toiles d'araignées surmontaient des caméras de surveillance dans un recoin du plafond. Deux lits s'y trouvaient, Jules prit celui contre le mur, et je préférai l'autre, au bord de la fenêtre, permettant une vue sur un pré sombre et morose.

          J'allais m'endormir, mes paupières étaient lourdes. Soudain, j'entendis des ricanements auxquels je ne prêtais pas attention, pensant que c'était un cauchemar, j'ouvris les yeux, mais ils ne cessaient pas, de plus en plus forts et de plus en plus proches. Puis, les poupées à leur tour bougeaient, riaient, je me frottai les yeux, me pinçai, mais rien n'y fit. Je descendis voir la propriétaire, sonnai au comptoir, mais tous dormaient. Les voix et les bruits se faisaient plus fréquents et me poursuivaient, l'angoisse me gagna. Ca aurait pu être la fatigue du voyage, je n'en savais rien. Bizarrement, Jules ne sentit rien, je le réveillai, mais il était comme mort. J'essayai de me cacher sous ma couette, le cauchemar continuait et, brusquement, la fenêtre s'ouvrit et les portes claquaient. Ce n'était pas possible, j'étais fou. Le vent aurait pu claquer les portes, mais il n'était pas aussi fort. Il fallait que j'appelle un professeur, je cherchai mon téléphone, il était dans ma valise, mais je ne la trouvait pas, les meubles, poupées, peluches, lits avaient disparu !

          Le plus horrible se produit, les voix produisirent un son m'hypnotisant auquel je ne pus me séparer, il me guidait vers la fenêtre ouverte. Je me rendis compte, au loin, que trois filles tenant trois poupées étrangement semblables à celles du grenier. Les fillettes étaient pâles, les yeux creusés, mais ayant un sourire diabolique. Elles lâchèrent tout à coup leurs trois jouets, qui se mirent à courir tout autour du bâtiment. Peu de temps après, j'entendis des petits pas dans l'escalier suivis de ces paroles : « Tu vas mourir ! »

          La fin est proche, me dis-je. J'avais raison, car je n'eus pas le temps de me retourner que je sentis leurs petites mains me pousser vers le vide, leur force était bizarrement proportionnellement plus grande que leur taille. Je sentis tout le poids de mon corps basculer, j'essayai de me débattre en vain.

           Je tombai, m'écrasai au sol, la chute était tellement forte que mon cou se tordit, arrachant ma carotide, et me laissant me vider de tout mon sang. A présent, la mort me regardait en face.

           Après la mort de Nicolas, ils en déduisirent qu'il était somnambule. Les trois filles étaient vivantes, réelles et en bonne santé. Les affaires étaient toujours à leur place mais les poupées avaient les pieds remplis de boue. Je me sentis quand même coupable de ne pas m'être réveillé, mais en même temps, je n'eus aucun souvenir de la nuit passée.

Manel et Rose

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Date de dernière mise à jour : 02/04/2016

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