Un voyage en Angleterre

Un voyage en Angleterre

 

Il était vingt heures, nous étions coincés dans les bouchons, quelque part entre la Manche et Londres, la neige tombait depuis plus de trois heures. Nous partions en Angleterre pendant une semaine avec toute la classe et nos professeurs. Finalement vers vingt deux heures, nous fûmes déposés par le bus, moi, Emma et Ana, devant une grande bâtisse fleurie. Je m’avançai et sonnai, talonnée par mes amies et nos grosses valises.

Une petite femme brune à voix sympathique, Madame Jackson, nous ouvrit. Nous nous excusâmes pour notre retard. Elle accepta nos excuses tout en nous lançant un regard suspect que je fus la seule à discerner. Voyant notre fatigue, elle nous mena dans une grande chambre où il y avait de vieilles tapisseries qui recouvraient tous les murs. Emma et Ana firent leurs lits et, sans même défaire leurs valises, se mirent en pyjama et me conseillèrent vivement de me coucher car le lendemain nous devions nous lever à huit heures.

J’essayais en vain de m’endormir quand j’entendis la porte grincer. Je rassemblai mon courage et ouvris cette porte. Je vis alors une silhouette d’homme qui passa très rapidement dans le couloir. Pas rassurée, je m’assis sur mon lit quand j’entendis un grincement provenant du dessous de lit, puis un autre, puis des griffes qui grattaient le bois de mon lit. Tremblante de peur, je me baissai et vis non pas un chat ni un monstre, ni un fantôme mais un petit ramassis de poussière. J’avais dû rêver, je commençais vraiment à angoisser. Vu que je n’avais pas sommeil et que les filles dormaient, je décidai de ranger ma valise. J’ouvris en grand l’armoire pour y mettre mes vetements. En rangeant ma robe préférée, je sentis une petite aspérité dans le mur. J’écartai les vetements et vis un très grand portrait d’un homme du XIXe siècle. En retirant le cadre, je découvris un passage secret au bout duquel j’aperçus une fine lumière tremblotante qui ressemblait vraisemblablement à une bougie.

Rassemblant mon courage, je m’introduis à l’intérieur et je débouchai dans une vieille chapelle du XVIIIe siècle. L’endroit sentait l’humidité et il y faisait un froid de canard. Voyant un confessionnal, je décidai de rentrer dedans pour m’amuser. Pour rire et bien qu’étant bouddhiste, je fis semblant de confesser mes péchés, m’imaginant qu’il y avait un prêtre derrière. Tout à coup, une voix grave me répondit : « Tes péchés te seront pardonnés ».  J’eus un frisson de peur, je réalisai que je n’étais pas seule dans ce confessionnal. J’étais en pleine crise de panique, cela s’accentua, quand j’entendis des chants religieux.

Les douze coups de minuit sonnèrent. Je ressortis du confessionnal en tremblant et là je vis que tous les bancs de la chapelle étaient occupés et qu’un prêtre débutait sa messe. J’aperçus le garçon du portrait qui me faisait signe de venir. Il était brun, les yeux clairs, mate de peau et plus grand que moi bien qu’étant du même âge. Dans une angoisse totale, je me demandais si les gens présents dans la chapelle étaient réels ou non. Etais-je en transe ? Faisais-je un cauchemar ? Etais-je vraiment dans une chapelle remplie de fantômes ? Je penchais plutôt pour la dernière solution. Terrifiée et angoissée, je rejoignis le garçon et écoutai pour la première fois une messe. Tous les gens autour de moi n’avaient pas l’air de me remarquer hormis le prêtre et le garçon. Ce dernier me prit la main en me souriant. Poussant un cri, je m’aperçus que sa main traversait la mienne. La messe se termina. Ne m’étonnant plus de rien, je suivis Inconsciemment la foule qui allait communier. je me mis à questionner le prêtre sur son identité. Celui-ci esquissa un sourire et passa à la personne suivante qui était le garçon du cadre. Soudain, tout en haut de la chapelle, sur un balcon, j’aperçus l’homme que j’avais vu dans le couloir, il ressemblait au fils de notre hôte : Arthur.

« Clémence, réveille-toi il est déjà sept heures ! me hurlèrent Emma et Ana.

  • Quoi ! Il est déjà sept heures ?
  • Ben oui. Bouge-toi ! Nous on va dans la salle de bain. »

Complètement désorientée, je courus vers le placard et ouvris brusquement les battants. Stupeur ! Le cadre avait changé d’aspect et un sourire était apparu sur les lèvres du garçon. En dessous, il y avait une inscription : Théophile Bonnevie. Avais-je rêvé ou étais-je vraiment allée dans cette chapelle au beau milieu de la nuit ?

Finalement, je descendis déjeuner, je m’assis en face du fils de notre hôte que j’avais aperçu la veille et je lui demandai s’il s’était rendu dans une chapelle durant la nuit.

« Impossible. Je suis rentré de bonne heure ce matin, me dit-il avec un fort accent anglais.

  • Ah… bon… je suis désolée, j’ai dû rêver, lui répondis-je sans être convaincue. »

Je finis par quitter la table en n’ayant presque rien mangé. En passant la porte de la cuisine, je vis un tableau qui représentait une chapelle du XVIIIe siècle. Il y avait aussi le garçon du cadre et, à ses cotés, une place vide. Me voyant observe le tableau, Arthur m’expliqua que ces personnes avaient tous été tuées par des gaz toxiques, il y a maintenant deux siècles.

A huit heures précises, Madame Jackson nous remit nos paniers pique-nique et nous souhaita une bonne journée. Monsieur L….., qui était dans le quartier, vint nous chercher. Pendant toute la journée, mes pensées restaient fixées sur la nuit que je venais de passer.

Rêve ou réalité ? Là est la question.

Anabelle et Emma

Commentaires (1)

M. VANHOUCHE
  • 1. M. VANHOUCHE | 17/04/2016
On s'y croirait ! Des idées sympathiques qui ménagent le suspens.
Pas facile de suivre les différents personnages, notamment l'héroïne-narratrice,
dont on apprend le prénom vers la fin de l'histoire.
Bravo pour la bande-annonce !

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Date de dernière mise à jour : 14/04/2016

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