VACANCES EN FAMILLE.

Vacances en famille.

 

Lorsque nous sortîmes du bateau, moi, mes deux enfants et ma femme, le temps ne jouait pas en notre faveur. Le brouillard nous gâchait la vue et le tonnerre grondait au-dessus de nous. J’étais tellement fatigué par le voyage que je décidai de ne pas aller me promener avec ma famille. Mes pieds bougeaient tout seuls et mes paupières se fermaient d’elles-mêmes alors que je me dirigeais vers  le chemin noir et boueux qui menait au château, pour vous préciser, nous avions loué le plus vieux château d’Angleterre pour une semaine de vacances paisibles. Celui-ci était gris et poussiéreux, sur les murs, des gargouilles ressortaient des pierres, toutes plus affreuses et effrayantes les unes que les autres. Plus j’avançais vers cette demeure, plus mes poils se hérissaient; un frisson d’angoisse traversa tout mon corps quand j’ouvris la porte qui donnait sur une pièce sombre et nonchalante. Mon sang se figea d’effroi lorsque la porte claqua derrière moi à cause du vent. Je montais les escaliers d’époque en marbre pour atteindre l’étage où je déposais les valises pleines à craquer. Très fatigué, je décidai de ne pas défaire les valises et de m’affaler langoureusement dans un fauteuil.

     En m’asseyant sur celui-ci, très confortable, je ne fis pas attention à la fatigue qui s’emparait de moi et je plongeai dans un sommeil profond. Quelques heures plus tard, je me réveillai en remarquant que ma femme et mes enfants n’étaient toujours pas revenus. Je partis les chercher, jusqu’à tard le soir. Avec beaucoup de tristesse et de désespoir, je rentrai au château seul et allai me coucher.

     N’arrivant pas à m’endormir, j’entendais l’orage qui grondait. Tout d’un coup, les volets se mirent à claquer, la fenêtre s’ouvrit. Je vis une lueur jaunâtre et ver-luisante par la fenêtre. J’entendis une voix sourde et lointaine venue de l'au-delà :

«  Chéri, chéri, hé, ho ! Hé, ho ! Viens me rejoindre, les enfants sont avec moi ! » Puis les enfants : «  Papa, Papa !! » Je m’approchai de la fenêtre pour regarder la silhouette. Mais le clocher de l’église sonna minuit. Je sursautai de peur, sans faire attention à la personne qui me poussa, en ricanant : «  Hi, Hi, Hi, Hi, Hi !! » je traversai la toiture et m’écrasai dans la deuxième partie du château. À peine m’étais-je remis de mes émotions, qu’un coup de vent alluma la cheminée. Effrayé, je courus vers la porte pour sortir, mais celle-ci se claqua et se ferma toute seule. Une hache me poursuivit. J’eus l’idée de me décaler pour que la hache casse la porte. Une fois cassée, je pris mes jambes à mon cou pour sortir. Je courus jusqu’au portail du château, comme je n’arrivais pas à l’ouvrir, j’escaladai le mur. Les grêlons m’arrachaient la peau tant je persistais à avancer. Arrivé en dehors de l’enceinte, un taxi m’attendait. Je dis au chauffeur : « taxi, direction le port ! » Pas de réponse.

Après avoir fait quelques kilomètres, je me rendis compte qu’il n’y avait personne au volant. Je vis qu’on se rapprochait de plusieurs arbres. Je pris panique, la porte était verrouillée… Trop tard.

     Lorsque je me réveillai, je me trouvais à l’hôpital. Mon corps me faisait souffrir : «  Ha … Je suis dans un sale état !!! »

Aux alentours, tout était calme. Je me sentais bien, pourtant quelque chose en moi n’était pas clair. Est-ce la vérité ou mon imagination qui me faisait halluciner en raison de la fatigue qui me gagnait. Je me trouvais dans une chambre d’hôpital. C’étais belle et bien une chambre d’hôpital comme je les connaissais, si reposante et apaisante. En même temps triste par ses murs et ses meubles blancs. Je n’entendais plus un son et je continuais à m’affaiblir. Je me sentais seul quand tout à coup une femme entra dans la pièce. Je ne la reconnus pas tout de suite, mais avec son petit air doux, ça ne faisait pas de doute. Je venais de retrouver ma femme. Elle me dit :

« Chéri, chéri, les enfants sont là ! » À ce moment, une infirmière frappa à la porte et entra. Elle s’avança vers mon lit et par horreur, je vis qu’elle avait traversé ma femme …     

 

Clémence et Emelyne

 

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Date de dernière mise à jour : 02/04/2016