Vengeance

Jeudi 22 Juillet

 

Cher journal,

 

Tu ne devineras jamais ce qui m'est arrivé la semaine dernière. Ma tante m'avait invitée à passer les vacances chez elle en Angleterre. J'avais pris l'Eurostar, et avais rejoins le château de tata Kate dans l'après-midi. Je dînais avec cette dernière, quand soudain, je crus apercevoir un homme, derrière la fenêtre. Cependant, lorsque je regardai une deuxième fois, il avait disparu.

 

Plus tard dans la soirée, je décidai de regarder un film. Ma tante me proposa une série qu'elle me dit adorer, qui parlait de vampires. Certaines scènes m’effrayèrent et fatiguée, je choisis d'aller me coucher.

 

La chambre était sombre et le parquet grinçait à chaque pas que je faisais. La tapisserie se décollait des murs, la fenêtre laissait pénétrer l'humidité et le vent frappait les carreaux. Je me glissais sous les couvertures quand la fenêtre s'ouvrit brusquement, faisant valser les vases en porcelaine de ma tante et renversant les cadres, brisant leurs vitres.

Je fermai la fenêtre ; quand mes paupières s'alourdirent, j'aurais juré avoir vu une ombre.

 

Plus tard dans la nuit, je me réveillai. La première chose qui attira mon attention fut la fenêtre qui s'était ré-ouverte malgré le calme qui semblait régner dehors. C'était curieux, je me rappelais pourtant l'avoir fermée avant de m'être endormie. Je m’apprêtais à allumer la lumière, quand tout à coup, le plancher grinça. Peut être s'agissait-il d'un chat qui s'était faufilé à l'intérieur ? Oui, cela devait être ça.

Pourtant, une brume opaque se répandit dans la chambre et un homme surgit de l'ombre. Il était complètement vêtu de noir, je ne pouvais cependant qu'imaginer ses traits, tant la chambre était sombre.

Néanmoins, lorsqu'il avança de quelques pas, son visage était désormais visible. Mon sang se glaça quand je me rendis compte qu'il m'était familier. L'homme affichait un sourire mesquin, renforçant mon angoisse.

Il s'approcha à une vitesse surnaturelle du lit où je me trouvais et m'attrapa le cou.

Ma respiration se fit irrégulière lorsqu'il renforça sa prise. Il semblait furieux. Pourtant, je pris mon courage à deux mains et réussis à parler :

 

« Qui êtes-vous ? Et comment êtes- vous parvenu à pénétrer dans ma chambre ? »

Il ne fit que rire à mes questions. Cependant, son rire était empli d'amertume et je sentis mes cheveux se dresser sur ma tête.

 

« Je suppose que tu es au courant de la façon dont ton grand père est mort, n’est-ce pas , demanda t-il. Une mort tragique, héroïque, c'est ce que tout le monde croit. Après tout, tout le monde aimait le brave James Harris. Toujours prêt à tout pour rendre les gens heureux. Je dois avouer être moi aussi tombé sous son charme. Il était le meilleur ami qu'on puisse espérer avoir, je savais que je pouvais compter sur lui. Du moins, je le croyais. Puis, il a commencé à changer. Radicalement. Il recevait des appels régulièrement, c'était à peine s'il venait travailler. Parfois, il me demandait de le couvrir auprès de sa femme, lorsqu’il ne rentrait pas chez lui, le soir. C'était un vendredi, il n'arrêtait pas de recevoir des appels durant la journée. Il avait l'air en colère et il quitta le bureau tôt dans l'après-midi. J'ai ensuite fait la chose la plus stupide de toute mon existence : le suivre. Je ne pouvais m'empêcher de soupçonner le pire, et mes craintes se sont confirmées quand je l'ai vu rejoindre un homme. Ils se sont disputés puis, l'homme a ouvert une mallette. Elle était remplie de liasses de billets.

 

James les a comptés, a pris la valise et est reparti. Il s'est arrêté à une cabane et j'ai décidé de le confronter. Il a été surpris quand il m'a vu. Je l'ai menacé, essayé d'obtenir une réponse de sa part ; sans jamais y parvenir. J'étais en train de tenter de le raisonner quand il m'a assommé avec la mallette. La force du coup me fit tomber par terre. J'étais horrifié, je ne comprenais pas ce qui le poussait à faire une chose pareille... il fit une pause puis continua, l'animosité claire dans sa voix : il a sorti son briquet et a enflammé le mur de bois. Il est parti, sans se retourner, alors que je brûlais lentement, seul. J'étais proche de la mort, quand un vampire m'a trouvé. J'étais effrayé, mais je préférais devenir un vampire plutôt que mourir dans un incendie provoqué par mon meilleur ami.

La seule chose qui m'a permis de rester en vie en étant un vampire fut une irrépressible soif de vengeance. Ton grand père est mort en héros, alors qu'il ne méritait rien. Mon futur m'a été arraché par cet homme, qui a eu tout ce dont j'ai toujours rêvé : une famille. Dont tu fais partie. Je me suis déplacé dès lors que j'ai appris ta venue. Cependant, je ne suis pas sûr du sort que je vais te réserver. »

 

Je ne sus que répondre, et je sentis les larmes me monter aux yeux. J'étais terrifiée mais je ne pus m'empêcher de ressentir de la pitié pour cet homme. Cependant, il n'attendit pas de réponse, se penchant sur ma nuque et enfonça ses canines dans ma chair. Une douleur incomparable s'empara de moi. Il commença à sucer mon sang, et mes forces me quittèrent progressivement. Il se redressa après ce qui me semblait être une éternité, et je remarquai soudainement les veines bleutées entourant ses yeux, et ses pupilles fortement dilatées. La dernière chose que je vis fut le sang qui coulaient de ses lèvres, avant de sombrer dans l'inconscience.

 

Lorsque je me réveillai le lendemain matin, une vague de nausée s'empara de moi. Il me fallut plusieurs tentatives pour parvenir à me lever, et quand mes yeux firent contact avec le soleil visible à travers la fenêtre, une migraine s'installa. Je me dirigeai difficilement vers la salle de bain, et allumai la lumière.

Ce que je vis dans la glace fut probablement la vision la plus terrifiante de ma vie. Une énorme tâche de sang partait de mon cou et s'étendait sur tout le long de mon tee-shirt. Je portai une main tremblante à ma nuque et les événements de la nuit me revinrent par vague. Néanmoins, les deux trous correspondant aux canines du vampire, que je m’apprêtais à trouver là ne s'y trouvaient pas.

Instinctivement, mes mains se dirigèrent jusqu'à mes dents, et je constatai avec horreur que celles-ci semblaient anormalement longues et acérées...

Mon monde s'écroula et je fondis en larmes, mes genoux se dérobant sous mon poids .

 

Sarah et Margaux

 

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Date de dernière mise à jour : 02/04/2016

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